[BO : Perspectivas - J-K]
Toutes mes excuses pour ce long silence. Entre le boulot et les découvertes touristiques, je n’ai pas eu beaucoup de temps libre pour écrire. Après deux semaines à Iguazú, dont une accompagnée de Florencia, mon hôte de Posadas (c’est ce qui arrive quand une expérience couchsurfing se passe tellement bien qu’on n’arrive plus à se séparer), j’ai continué ma route vers Rio de Janeiro. Là, un petit conseil s’impose pour les freelances comme moi qui ont besoin d’un minimum de calme pour travailler : une auberge de jeunesse dans une favela de Rio, quelques mois avant la coupe du monde, ce n’est pas la meilleure des idées ! Mais j’ai miraculeusement réussi à faire abstraction du bruit des marteaux-piqueur, des cris des voisins et des discussions animées de mes camarades de chambrée. Heureusement, car ce n’est pas le boulot qui manquait et j’ai à peine eu le temps d’aller me balader sur les plages de Copacabana, Ipanema et Leblon... sous la pluie. Eh oui ! Il ne fait pas toujours beau à Rio.
Après une semaine aussi
animée, j’étais bien contente de recevoir une invitation de João,
un couchsurfeur de Vitória, à mi-chemin entre Rio et Salvador da
Bahia. Je suis passée en quelques heures d'une petite maison de favela au 11e étage
d’un immeuble avec gardien et femme de ménage, avec une chambre et
un bureau pour moi toute seule, chouchoutée par un hôte qui
m’apportait des fruits exotiques frais pour me donner du cœur à
l’ouvrage. João s’est levé à 5h30 du matin pour venir me
chercher à la gare routière et m’a préparé un petit-déjeuner
de rois. Puis on est allés faire une balade à vélo, suivie d’un
match de foot local (sans quoi mon expérience du Brésil n’aurait
vraiment pas été complète) et, après un bon repas (préparé par
la femme de ménage, bien sûr) et une courte sieste, on est montés
à une Église en haut d’une colline qui surplombe la ville. Tout
ça rien que pour la première journée. Je vous laisse imaginer le
reste de la semaine. João a aussi été très patient avec mon
portugais encore très bancal et j’ai énormément progressé en
quelques jours.
À l'approche de la coupe du monde, les Brésiliens s'échangent des autocollants des joueurs de foots. Et les enfants ne sont pas les seuls à se prendre au jeu ! |
Les adieux ont encore
une fois été difficiles, ainsi que la réadaptation à la vie
d’auberge de jeunesse. Je suis maintenant à Salvador. La ville est
très belle, mais mon quartier craint un peu. Je vais donc éviter de
sortir le soir, ce qui limite un peu vu que la nuit tombe vers 17h30.
Hier j’ai commencé à discuter avec un Uruguayen, ancien Tupamaro
(mouvement d’extrême gauche auquel appartenait Pepe Mujica), qui a
passé toute la période de la dictature uruguayenne en prison et m’a
raconté plein d’anecdotes. On s’est baladés ensemble
aujourd’hui, en parlant politique, voyages et dessin (il a appris à
peindre en prison, pour passer le temps et m’a notamment expliqué
comment il fabriquait de la peinture à l’huile avec les moyens du
bord). Une rencontre intéressante qui m’a donné envie d’aller
refaire un tour en Uruguay. Mais c’est vers le nord que je me
dirige : prochain arrêt, Recife !
Salvador |
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