lundi 29 août 2011

Bien le bonjour de Mexico ! Je suis arrivée samedi matin après un petit road trip avec les parents et la grand-mère d'Amin. Comme d'habitude, j'ai dormi presque tout du long, mais j'ai quand même pu profiter de jolis paysages désertiques et de quelques mini-tornades.


Nous sommes allés à Zacatecas, une petite ville minière super jolie, toute en pierres roses, où Pancho Villa gagna une importante bataille contre les fédéraux, lors de la révolution des années 1910.

Ensuite, nous nous sommes rendus à Aguascalientes, où nous avons fait un tour en tramway et visité le musée de José Guadalupe Posada, où sont exposées nombre de ses caricatures squeletiques, dont celle-ci d'Emiliano Zapata :

Enfin, jeudi, nous sommes allés à Guadalajara, ville la plus belle du monde après Paris, selon le papa d'Amin. Nous y avons visité la Cathédrale, l'hospicio Cabañas (une institution de bienfaisance du XIXe siècle, avec de nombreuses cours intérieures), le Palais du Gouvernement (avec ses fresques du Muraliste José Clemente Orozco, notamment le Hidalgo incendiero, qui est assez impressionnante).


Vendredi soir, j'ai dit au revoir aux parents et à la grand-mère d'Amin et j'ai pris le bus pour le DF (c'est-à-dire le Distrito Federal, c'est-à-dire Mexico). J'y ai rencontré Luis, mon hôte de Couchsurfing, super sympa, qui m'a entraînée dans un trip a vélo avec ses amis qui fut tout une aventure !
J'ai dû faire l'aller en bus, car quelques minutes après avoir quitté la maison, les frein de mon vélo on tout a coup cessé de fonctionner et je n'ai pas trouvé d'autre moyen pour m'arrêter que de foncer dans Benjamin, qui n'a pas trop compris ce qui lui arrivait. J'ai fini ma course par terre et si je n'avais pas eu de casque, je ne sais pas dans quel état j'aurais fini (morale de l'histoire : portez un casque les amis !). Le vélo en tout cas, n'a pas tenu le choc.
J'ai donc retrouvé mes nouveaux amis à San Martin de las piramides, où nous avons passé la nuit avant d'aller visiter les pyramides de Teotihuacán.
L'après-midi, je suis rentrée au DF en vélo avec Benjamin et Javier et ça a été la pire balade à vélo de ma vie ! Les voitures nous frôlaient à toute allure et, heureusement, Benjamin et Javier, qui sont plus habitués à faire du vélo dans ces conditions, me servaient en quelque sorte de gardes du corps et nous sommes arrivés sans une égratignure.

Aujourd'hui, j'ai retrouvé Michal, ami polonais rencontré à Montréal par l'intermédiaire de mon couchsurfeur Billy. J'adore cette impression de tisser une toile à travers le monde avec tous ces amis que je rencontre et que je retrouve ailleurs et qui rencontrent d'autres amis, etc.

dimanche 21 août 2011

Me voilà enfin à Monterrey, au Mexique ! Mais avant de parler de mes premiers jours dans ce magnifique pays, il faut que je vous raconte le voyage...

Tout a commencé par un petit périple en voiture, de Dancing Rabbit à St Louis, avec mes amis Billy (que j'avais hébergé à Montréal) et Jake (coloc de Billy qui m'avait hébergée à Pittsburgh en l'absence de ce dernier), en écoutant l'album Si on avait besoin d'une cinquième saison d'Harmonium (que Billy connait par cœur, même s'il comprend à peine plus les paroles que moi). J'adore le fait de retrouver des couchsurfeurs, devenus amis, ailleurs dans le monde et je suis à peu près sûre de revoir Billy un jour. La question reste de savoir où.

J'ai laissé Billy et Jake à l'aéroport de St Louis et je suis allée retrouver Ken, mon cowexer de DR rentré chez lui une semaine plus tôt. Ken commençait un cours de permaculture de deux semaines et s'était débrouillé pour que je puisse assister à la première journée. Je l'ai donc accompagné et ce petit aperçu du cours m'a donné très envie de le suivre en entier. J'ai eu l'impression d'apprendre plus en une journée qu'en deux mois et demi à DR ! Je ne pouvais malheureusement pas rester aussi longtemps à St Louis, mais ce n'est que partie remise. J'ai déjà de nouveaux projets en tête (un stage en permaculture en Catalogne ? Mmmm, pourquoi pas ?). Le lendemain, j'ai fait ma touriste dans les rues de St Louis : rien de très remarquable, mis à part la grande arche et le très divertissant City Museum, avec ses jeux, ses labyrinthes, ses toboggans, son bus scolaire en équilibre, etc.

Le soir même, j'ai pris le train pour San Antonio. Le train est arrivé avec plus de deux heures de retard et moi qui me sentais déjà mal d'arriver chez mon hôte après 10 heures du soir (heure d'arrivée prévue), j'ai passé le trajet à me demander comment j'allais me débrouiller si j'arrivais à 2h du matin : je ne voulais pas réveiller Tim, mon hôte de Couchsurfing, en débarquant en pleine nuit. À chaque gare, j'essayais donc de connecter mon ordi pour tenir mon hôte au courant de notre progression (car, en plus des deux heures de retard au départ, le train n'arrêtait pas de s'arrêter pour laisser passer des trains de marchandises) et, le reste du temps, j'essayais d'engager la conversation avec d'autres passagers, dans l'espoir de trouver quelqu'un pour m'héberger à mon arrivée. Mais je n'ai rencontré que des gens qui descendaient avant San Antonio, un jeune qui quittait pour la première fois St Louis, parce qu'il avait "trop de problèmes", pour aller refaire sa vie à El Paso et qui avait quintuplé sa dose de sédatifs, car le voyage le rendait anxieux, des ultra-conservateurs à qui je n'ai même pas tenté d'expliquer le concept de Couchsurfing après qu'ils m'ont demandé si c'était vrai que les musulmans étaient en train d'envahir l'Europe. Heureusement, le train a finalement eu tellement de retard que nous sommes arrivés à cinq heures du matin (au lieu de dix heures du soir, soit environ trente heures de voyage) et je n'ai donc pas eu longtemps à attendre avant que ce soit une heure plus convenable pour débarquer chez Tim.

J'ai passé la journée suivante avec Tim, à me dégourdir les jambes en parcourant la ville à vélo : El Alamo, the Riverwalk, la tour panoramique, les missions espagnoles, etc. Tim s'est avéré être un hôte exemplaire. Non seulement il m'avait proposer de venir me chercher à la gare, même si j'arrivais à trois heures du mat', mais il s'est débrouillé pour me dégoter un vélo et a joué les guides touristiques toute la journée.

Le lendemain matin, j'ai pris le bus pour Monterrey. Je n'étais pas très rassurée par le voyage qui m'attendait, mais tout s'est passé comme sur des roulettes ! J'ai passé la frontière beaucoup plus facilement que pour entrer au Canada ou aux États-Unis et j'ai passé une bonne partie du trajet à papoter avec un Toulousain qui faisait un stage de médecine à Monterrey et qui parlait du Mexique avec tant d'enthousiasme que je n'avais qu'une envie : passer le reste de ma vie à en faire le tour !

Et voilà, comme je le disais plus haut, je suis enfin arrivée à Monterrey. Les parents d'Amin sont venus me chercher à la gare routière et m'ont tout de suite fait part du programme touristique qu'ils avaient pour moi : balades dans les montagnes environnantes, visites de musées, escapade à la maison de campagne, puis voyage jusqu'à Aguascalientes et Guadalajara. Pas question de me reposer et de faire bronzette sur le balcon ! Je joue donc à la princesse, mange comme une reine et me laisse balader partout en essayant d'intégrer le plus possible de cette nouvelle culture. Je me suis acheté un livre sur l'histoire du Mexique et écoute avec avidité le père d'Amin, qui est insatiable quand il s'agit de parler de son pays.


dimanche 14 août 2011

Ça y est, c'est la fin de mon étape à Dancing Rabbit. Je me dirige vers le sud aujourd'hui. Mes amis Billy et Jake, chez qui j'étais hébergée à Pittsburgh et qui sont venus visiter le village, m'amènent à St Louis, Missouri, où je vais retrouver Ken jusqu'à mardi. Je prendrai ensuite le train pour San Antonio, Texas.

Mon séjour ici se sera bien terminé. On a enfin réussi à monter la première moitié de la première poutre ! Je voulais vous mettre une vidéo du processus, mais je n'arrive pas à la charger, alors vous devrez vous contenter d'une photo !

 J'aurais aimé être là pour monter la deuxième moitié, car ça risque d'être folklo. J'espère que Dennis, Sharon et Travis me donneront des nouvelles.

En ce dernier jour ici, je réfléchis à ce que j'ai appris en ces deux mois et demi. J'ai pas l'impression d'avoir appris beaucoup en matière de construction, car je ne suis pas très convaincue par les techniques qu'on a utilisées. On marquait les troncs pas mal à l'oeil et ça se voit (peut-être pas sur cette photo, mais en vrai, oui). Par contre, j'ai appris que si on dit qu'il faut tout un village pour élever un enfant, il faut aussi tout un village pour construire une maison. On n'aurait jamais pu porter ces grosses poutres et monter cette première arche si tous les lapins dansants n'étaient pas venus à la rescousse.

Plus qu'en matière de construction, donc, je pense que j'ai beaucoup appris sur la vie dans un écovillage. Avant d'arriver ici, je pensais que les habitants vivraient sans se préoccuper de l'heure qu'il est, qu'ils travailleraient quand bon leur semble et qu'ils prendraient le temps de ne rien faire. Que Nenni ! Je n'ai jamais autant eu besoin d'une montre qu'ici !  Les gens courent d'une réunion à l'autre, avec leur agenda (ou, pour beaucoup, leur iPhone) à la main et quand on veut prendre du temps pour papoter avec quelqu'un, il faut prendre rendez-vous !
J'ai également appris à quel point la résolution des conflits et la prise de décisions par consensus prennent du temps dans un village d'une soixantaine d'habitants. Les membres de DR parlent d'ailleurs de changer de système de gouvernement.
Une autre chose qui m'a marquée ici, c'est la forte impression que les Américains ont peur. Quand ce n'est pas du terrorisme, c'est de la fin du monde ou du pic pétrolier. Et les membres de Dancing Rabbit ne font pas exception à la règle. Moi qui m'attendais à rencontrer des gens pleins d'espoir quant à la possibilité d'un monde meilleur, j'ai entendu davantage de conversations plutôt pessimistes concernant la meilleure façon de se préparer pour survivre quand le pétrole viendra à manquer et que la population mondiale se battra pour l'eau et la nourriture.



Je dois me dépêcher d'aller préparer mon sac et démonter ma tente, alors, en vrac, d'autres connaissances que j'emporte avec moi : je sais fabriquer un rocket stove et m'épiler avec un fil, je sais qu'on peut vivre "off the grid" et passer ses journées sur Internet, j'ai découvert le merveilleux goût du cornbread, je sais à quoi ressembles un tyran tritri, une sturnelle de l'Ouest, un Colin de Virginie, un pic à tête rouge juvénile et bien d'autres bestioles de ce type et je sais que je ne suis pas sensible à l'herbe à puce et que c'est vraiment une chance !

dimanche 7 août 2011

Cette semaine a été riche en évènements ! J'ai commencé par m'éclipser de DR pour aller visiter Factor-e Farm, à trois heures de route d'ici. Factor-e est un groupe d'anarcho-écolo-geeks dont l'objectif est de développer un ensemble de machines nécessaires, selon eux, à l'établissement de communautés fonctionnant en autarcie avec tout le confort moderne et sans impact sur l'environnement. Ces machines - qui vont du tracteur au four de boulanger, en passant par l'extracteur d'aluminium contenu dans l'argile - sont conçues pour être modulaires, faciles à fabriquer et à réparer, peu coûteuses et au moins aussi efficaces que les machines déjà existantes. Les plans des ces machines sont totalement open source et affichés sur le wiki de Factor-e au fur et à mesure de leur élaboration. Les membres de Factor-e visent, à terme, à construire ces machines de A à Z, du plus petit boulon aux moteurs permettant de les faire fonctionner, sans aucune ressource extérieure à la communauté. Après une nuit et une journée passée parmi eux, nous sommes repartis moindrement convaincus par la faisabilité de leur projet, mais inspirés par leur enthousiasme et leur ténacité.

Mercredi, j'ai donné mon deuxième cours de quechua à Sharon. Elle avait bien retenu ce que je lui avais appris lors du premier cours et ça m'a fait énormément plaisir de me replonger dans cette langue et de voir que je n'avais pas tout oublié. Ça fait beaucoup rire Sharon qu'une Française lui donne des cours de quechua en anglais et en espagnol (parce qu'elle parle espagnol aussi et c'est souvent plus facile de passer par l'espagnol que par l'anglais).

Jeudi, c'était la fête de l'abolition des privilèges et, accessoirement, mon anniversaire. J'ai commencé la journée par sécher le travail et aller me balader avec Sharon pour observer les oiseaux et cueillir des mûres. On a vu un passerin indigo, un chardonneret jaune, plein de tyrans tritri, un pic à tête rouge juvénile (avec la tête brune, donc) et plein d'autres oiseaux qu'on n'a pas su reconnaître. Pis le soir, on est allés manger des nachos au Mercantile et j'ai eu droit à un super bon gâteau au chocolat végétalien.

Vendredi, Ken est reparti à St Louis. On voulait monter la première poutre avant son départ, mais on n'a pas réussi (on n'était pas loin pourtant). Du coup, on a pris une photo de nous sous la poutre, pour donner l'illusion qu'elle était verticale :

Toutes les jambes de force sont en place, les poutres et les piliers ont été grattés pour enlever les moisissures et on a commencé à faire les trous pour les chevilles de deux pouces. On devrait donc monter la poutre la semaine prochaine. Mais comme tout est toujours plus long que prévu, je ne suis pas sûre du tout de voir ça avant de partir. Car il ne me reste plus qu'une semaine ici.

J'ai aussi participé à une work party pour monter les murs de la future Casa de Cultura (c-à-d la salle des fêtes). C'est fou ce que ça va vite quand on utilise des planches de taille normale au lieu de troncs d'arbre de 30 centimètres de diamètre ! Désolée pour l'image dans le mauvais sens, je ne sais pas comment la remettre comme il faut.

dimanche 31 juillet 2011

Rien de bien particulier cette semaine. Le projet en est toujours au même point, je n'ai pas observé d'animaux particulièrement exotiques et la vie à Dancing Rabbit suit son cours sans grand évènement digne d'être rapporté. Mais je vais quand même faire un effort pour trouver quelque chose à dire...

Une équipe de documentaristes est ici pour quelques jours. Ils font une série de documentaires sur les communautés intentionnelle aux États-Unis. Ils ont commencé par filmer à Sandhill et nous ont montré le reportage qu'ils ont fait sur Twin Oaks, en Virginie. Du très bon boulot pour de jeunes autodidactes ! Ils nous ont filmés en train de travailler avant-hier (je vais peut-être passer à la télé, en train de fabriquer un marteau et de commenter la beauté du bois d'oranger des Osages) et ont interviewé Sharon et Dennis. Drôle de hasard, l'un des documentaristes vient de finir ses études à Montréal, était en France il y a trois mois et sera à Oaxaca en novembre. Il va même étudier dans une école qui travaille en collaboration avec l'asso pour laquelle je vais bosser ! Le monde et petit...

Ces jours-ci, le Magic School Bus accueille Adam, un visiteur qui, après avoir beaucoup voyagé, est en train de faire le tour de son Missouri natal à vélo pour visiter plusieurs communautés intentionnelles et décider où il va s'installer. Ça me donne bien envie de faire pareil, mais plutôt en Europe. J'ai fait quelques recherches de communautés sur Internet, mais je n'ai pas trouvé grand-chose. Si vous connaissez des communautés intéressantes, notamment en Espagne, faites-moi signe !

En relisant mes précédents messages à la recherche d'inspiration pour mon post d'aujourd'hui, je me suis rendu compte que je ne vous ai pas donné de nouvelles du rocket stove. Il fonctionne à merveille et donne un bon goût de fumé à la bouffe. Le maïs n'a pas fait de pop-corn, mais beaucoup de grains sont tombés. Quant aux pousses, elles ont séché puis disparu.

Oh ! Et on a encore eu droit à une sacrée tempête l'autre nuit et l'éolienne installée par le Mercantile il y a à peine deux semaines n'a pas tenu le coup. Un comble pour un moulin à vent ! La structure s'est complètement pliée en deux. J'imagine qu'elle a dû être frappée par un éclair.

Avant de vous quitter, petit détail technique : Noun m'a expliqué comment laisser un commentaire sur le blog sans s'inscrire à gmail.  Il suffit apparemment de mettre "anonyme" dans la case "sélectionner un profil". Et n'oubliez pas de signer votre message, pour que je sache de qui ça vient !

dimanche 24 juillet 2011

Il pleut ! Ça faisait plus d'une semaine qu'on attendait ça ! Il a fait vraiment chaud toute la semaine, une chaleur moite qui m'a rappelé le Bénin. Du coup, on a encore une fois adapté notre horaire : 5h30-11h le matin, grosse pause pendant l'après-midi, puis de nouveau boulot de 18h30 à 20h30. Ça fait des grosses journées, mais c'est agréable d'avoir tout l'après-midi de libre.
Pas grand-chose à dire sur la construction, on avance toujours au ralenti. On a commencé à installer les jambes de force (si c'est bien comme ça qu'on dit brace en français) pour renforcer le soutien de la première poutre et on avance sur la mise en place des piliers de la deuxième poutre. Ken est rentré mercredi et il a l'air encore moins optimiste que moi concernant l'avancée du projet. C'est de moins en moins sûr qu'on voit cette première poutre debout avant de partir. On est un peu bloqués en ce moment, car on attend de recevoir des vis qui n'arrivent pas.

Presse à sorgho
Mardi, j'ai accompagné les visiteurs à Sandhill, une des communautés voisines. Ça nous a pris une bonne heure à pied, à 37°C sous un soleil de plomb. J'en ai profité pour visiter Sandhill, dont je ne connaissais que la maison commune et la cabane à sucre. Sandhill est une communauté un peu moins orientée écologie que Dancing Rabbit (ils sont notamment moins stricts en ce qui concerne l'utilisation des voitures communautaires). Leur objectif principal est d'être autosuffisants au niveau alimentaire. Ils partagent leurs revenus et travaillent chacun leur tour à la menuiserie, à la production de miel, de sirop de sorgho, de moutarde et autres condiments, au potager, à la garderie, etc. Certains membres travaillent aussi en dehors de la communauté, mais ils partagent eux aussi leurs revenus avec les autres membres. Ils sont moins nombreux qu'à DR (une petite dizaine en comptant les enfants) et ne cherchent pas à accroître leur population aussi rapidement que DR.

Parmi les moments forts de la semaine : ma rencontre avec un bébé coyote ! Il traversait la route quand je revenais de la laiterie à vélo et il regardait du mauvais côté. Il ne m'a donc pas vue avant que je sois à environ trois mètres de lui. Malheureusement, je n'avais pas mon appareil photo avec moi. Mais il ressemblait à ça. Sa maman devait déjà être dans le champ de maïs de l'autre côté de la route, en train de l'attendre.

J'ai aussi eu une drôle d'aventure avec une famille de souris. Je venais d'allumer le réchaud pour faire des crêpes pour notre soirée internationale dont je vous parlerai plus bas, quand je vois une souris sortir du réchaud en courant. Je pensais qu'elle était juste en train de grignoter quelques miettes tombées là et que la chaleur lui avait flanqué la frousse de sa vie et qu'elle n'allait pas revenir de si tôt. Mais quelle ne fut pas ma surprise de la revoir apparaître à côté du réchaud quelques secondes plus tard. "Go away, little mouse, it's too hot for you here!" lui dis-je (en anglais, parce que, oui, depuis que je suis ici, je me surprends à parler aux animaux dans la langue locale). Mais, loin de m'écouter, elle entre à nouveau dans le réchaud et ressort aussitôt avec un bébé souris dans la gueule. J’éteins immédiatement le réchaud et l'observe sauver sa portée de l'enfer. Je pense qu'un des bébés a dû y passer, car elle est revenue plusieurs fois et repartie avec hésitation sans rien emporter (voir la vidéo).


Comme je disais plus haut, je préparais des crêpes pour notre soirée internationale, organisée par le Magic School Bus (c-à-d nous). On a demandé à tous les membres de préparer un plat d'un pays dont ils étaient originaires, qu'ils avaient visité ou par lequel ils étaient particulièrement attirés et de présenter quelque chose de ce pays. Ça a été un vrai succès ! On a goûté à des plats du Japon, d'Ukraine, du Brésil, d'Inde, d'Iran, d'Allemagne, etc., et assisté à un chant russe, des anecdotes polonaises, une histoire de famille du Salvador basée sur les illustrations d'un dessus de lit brodé par April et sa famille, un cours d'origami, une démonstration d'épilation avec un fil, des danses bretonnes et une partie de cricket.

dimanche 17 juillet 2011

L'équipe du Magic School Bus s'est encore amaigrie cette semaine. Maya a décidé de partir, car ses parents voulaient qu'elle les accompagne pour rendre visite à sa grand-mère au Japon. Heureusement que Ken revient mercredi !
Le boulot fonctionne donc encore plus au ralenti que d'habitude. On a réussi à placer un des piliers sur la première poutre, mais les deux autres sont particulièrement difficiles. Chaque fois qu'on les place sur la poutre, on a l'impression qu'elles vont aller, mais on se rend compte qu'il faut encore creuser un peu. Dennis et Sharon travaillent là-dessus (je suis contente que Dennis s'y soit mis d'ailleurs, car il se rend mieux compte de la difficulté de cette tâche et voit à quel point c'est frustrant). Sur la photo, on peut voir qu'on utilise deux différentes techniques pour joindre les piliers aux poutres. Le pilier sur lequel travaille Sharon est sculpté de façon à envelopper la poutre. Dennis, lui, sculpte dans la poutre pour y insérer le haut du pilier. Le tout sera ensuite fixé avec une cheville.

Quant à moi, j'essaye de m'occuper à d'autres menus travaux, notamment la fabrication des chevilles (eh oui ! finalement, c'est nous qui nous y collons). Dave nous a fabriqué un magnifique banc d'âne qui nous sert à arrondir des bouts de bois pour former les chevilles. C'est plutôt sympa à faire et ça a un grand avantage : on peut déplacer le banc où on veut, notamment à l'ombre, ce qui n'est pas négligeable en cette période de canicule !

Une fois arrondies, les chevilles sont passées dans un autre dispositif fait maison, constitué d'un tube de deux pouces de diamètre, aiguisé à l'entrée. On passe les chevilles dedans à l'aide d'un marteau pour s'assurer qu'elles ont bien la bonne taille. Le "capuchon" sur la cheville, qu'on voit sur la photo, c'est pour éviter que la cheville se fissure quand on tape dessus.


Côté vie de la communauté, on a eu une super conversation avec plusieurs membres l'autre jour sur le polyamour, très courant ici. C'était intéressant d'avoir le point de vue de plusieurs polyamoureux, dont un qui a une fille de cinq ans qui a l'air de trouver ça tout à fait normal, vu qu'elle a toujours vécu dans cet environnement (ses parents ont dû lui expliquer qu'il ne valait mieux pas qu'elle en parle à ses grands parents, car ils risquaient de ne pas trop aimer l'idée). Aucun ado de la communauté n'était présent à ce moment-là, malheureusement. Ça aurait été intéressant d'avoir leur opinion aussi.

Sans transition et pour conclure, spéciale dédicace à mes chers parents, à qui je parlais de la dense population de tiques dans le coin. Voilà à quoi ressemblaient mes chaussures hier soir :

dimanche 10 juillet 2011

Je viens d'assister au WIP et je me suis rendue compte que je ne vous ai pas encore parlé de ça. C'est le "Week In Preview", la réunion hebdomadaire de DR, où chacun fait part aux autres de ce qui va se passer dans la semaine. Ça dure environ une heure et ça commence par les annonces générales, genre « j'ai perdu mes lunettes » ou « c'est mon anniversaire dans deux jours », puis on prévoit le calendrier des activités de la semaine. Ensuite, on annonce qui va recevoir des invités ou qui quitte le village pour quelques jours ou pour toujours, puis on fait les réservations des voitures communautaires et les gens se mettent d'accord pour « covoiturer » ensemble.

Demain, un nouveau groupe de visiteurs arrive. Ce sont généralement des gens qui pensent éventuellement venir habiter ici et qui veulent donc en savoir plus sur le fonctionnement de la communauté et faire connaissance avec ses habitants. Ils restent généralement trois semaines, au cours desquelles ils assistent à des exposés présentés par les membres sur différents sujets allant de la construction durable à l'histoire de DR, en passant par le système monétaire communautaire (appelé ELM ici). Ils donnent aussi un coup de main dans les différents projets en cours, ce qui leur permet de mieux connaître les habitants et les normes de construction/culture de DR.


Ce matin, on a fait une surprise à Sage, une wexer australienne qui nous quitte mardi. Elle a l'habitude d'aller courir tous les matins et aujourd'hui, on s'est cachés à différents endroits sur son parcours et on se joignait à elle quand elle arrivait à notre niveau, pour former un groupe de coureurs de plus en plus grand, comme dans Forest Gump. J'étais un peu déçue par le peu de participants (dix sur environ 70 habitants/wexers), mais Sage a beaucoup apprécié la surprise.

Côté boulot, rien de bien nouveau. On est en train de joindre les piliers à notre première poutre. C'est super compliqué de faire des trous de la forme d'un pilier pas complètement rond dans une poutre pas complètement ronde non plus ! Et chaque fois qu'on veut placer un pilier dans l'encoche qui lui correspond pour voir si ça rentre, ça nous prend une demi-journée, parce qu'il faut s'assurer que le pilier est bien droit et perpendiculaire à la poutre et que ça pèse super lourd ces affaires-là ! Pis Ken est parti pour une semaine et Dennis a très mal au dos alors le projet va encore être ralenti.

Sur une note plus joyeuse, on a reçu deux douzaines de poussins ! Ils sont adorables ! On leur a fabriqué une belle cage et ils passent la nuit dans le bus, car les belettes rôdent. L'une d'entre elles a presque décimé la jeune volaille de Jonathan. Hum ! Finalement, cette note n'est pas si joyeuse que ça !


Et pour finir, dans la rubrique insolites : le mennonite volant ! Il a survolé DR le 4 juillet, jour de la fête nationale, très près du sol à l'aller et plus près de la lune au retour, dans une sorte de buggy accroché à un parapente. Je regrette de ne pas avoir eu mon appareil à portée de main lors de sa première apparition.

dimanche 3 juillet 2011

Cette semaine a été particulièrement pénible. On avait prévu de rallonger notre journée de travail, mais avec 35°C à l'ombre, c'est difficile d'être productif. On a aussi eu quelques contretemps. Les chevilles de deux pouces de diamètre que l'on doit utiliser pour fixer les poutres ne sont pas prêtes (Dennis avait prévu qu'on les fabrique, mais il s'est rendu compte que ça nous prendrait trop de temps et il a donc du trouver quelqu'un pour en fabriquer pour nous).
On a réussi à joindre les deux troncs d'arbres pour former la première poutre et on devait tourner la poutre sur le côté pour pouvoir tracer l'emplacement des piliers. J'ai conseillé à Dennis d'attendre de recevoir les chevilles avant de tourner la poutre ou de trouver un moyen de fixer les deux parties de la poutre de manière temporaire, mais il était trop impatient (et mon anglais peut-être pas assez bon pour réussir à le persuader) et a décidé d'essayer de tourner la poutre en espérant que les deux parties restent attachées. Évidemment, ça n'a pas marché et on a perdu deux jours à tourner la poutre, se rendre compte que ça ne marchait pas et la remettre en place. Finalement, Dennis a trouvé un moyen de les fixer de manière temporaire avec deux grosses vis et tout est rentré dans l'ordre.

À part ça, rien de bien particulier. Je suis de corvée de lait depuis deux semaines (je suis toujours volontaire, parce que ça me donne une bonne occasion de me balader à vélo). On va chercher le lait (bio, of course) dans une ferme mennonite à dix minute d'ici à vélo. On se sert nous mêmes au robinet de la grande cuve et on laisse l'argent sur la table. On a beau être des impies débauchés qui se baladent tout nus, les mennonites ont malgré tout confiance en nous !


Bon, plus que deux minutes de batterie. J'aurais aimé écrire plus, mais ce sera pour la prochaine fois...

lundi 27 juin 2011

Un mois et pas encore une seule poutre en place...

Au risque de me répéter : construire une maison capable de soutenir un toit végétalisé en n'ayant recours qu'à l'énergie solaire et celle de nos maigres bras, c'est long !
La première poutre n'est pas encore prête à mettre sur pieds, mais presque. On a eu une grosse discussion aujourd'hui pour décider de ce qu'on pouvait faire pour finir l'ossature de la maison avant la mi-août. On s'est mis d'accord sur quelques heures supplémentaires et la réduction de notre temps de pause du matin. Le rythme s'accélère aussi, car on commence à manier les outils avec plus d'assurance - je suis devenue une pro du rabot - et à avoir une meilleure idée de comment procéder. Mais chaque fois qu'on doit faire quelques chose de nouveau, on passe un temps fou à réfléchir à la meilleure façon de faire et ça nous ralentit pas mal. Prochain défi : installer les piliers qui vont soutenir notre première poutre et... monter l'ensemble sur le chantier. Pour vous donner une idée de comment on va faire ça, voici une photo de la technique utilisée par la coop Wabi-sabi pour leur nouvelle cuisine :

Parlant de coop et à la demande de Matou, il est temps que je vous explique le fonctionnement de la communauté. Dancing Rabbit a été créé en 1997 et compte maintenant une cinquantaine d'habitants (une population qui monte à environ 75 en été avec tous les wexers). L'objectif général de DR est de montrer qu'un village peut fonctionner de manière durable, en ayant majoritairement recours à l'énergie solaire, éolienne et, surtout, humaine. Pour devenir membre, il faut d'abord passer six mois à DR en temps que résident et adhérer aux principes généraux de la communauté : aucun véhicule personnel (les membres se partagent trois véhicules communautaires), utilisation restreinte de combustibles fossiles, obligation de se conformer aux normes bio de l'OCIA pour faire pousser quoi que ce soit, toute l'énergie électrique utilisée doit provenir de sources renouvelables, tout le bois utilisé pour la construction doit être soit local, soit récupéré, etc. Pour devenir résident, puis membre, il faut passer un entretien avec la "coop" responsable des admissions. À date, personne n'a jamais été refusé.
DR est donc organisés en "coops" : les coops alimentaires, qui regroupent les habitants qui veulent manger ensemble et qui ont un régime commun (carnivore, végétarien ou végétalien), et des coops pour tout ce qui à trait à la vie de la communauté, que ce soit l'utilisation des voitures, l'économie de la communauté, le site Internet ou les toilettes sèches.
Toutes les décisions touchant l'ensemble des habitants sont adoptées par consensus. Jusqu'ici, j'ai assisté à deux réunions : l'une sur le financement de la nouvelle maison commune et l'autre sur l'objectif d'atteindre 500 à 1 000 habitants. Aucune décision n'est prise tant que tous les participants à la réunion ne se mettent pas d'accord. Il faut donc parfois plusieurs semaines et un bon nombre de réunions pour parvenir à une décision concernant certains sujets délicats (le financement de la nouvelle maison communautaire en était un).
Voilà, en gros, comment ça fonctionne. Si vous voulez plus de détails, demandez-moi et je me ferai un plaisir de répondre :-)



Ah ! Pis pour ceux qui se demanderaient pourquoi je ne me suis pas connectée hier : c'était les jeux olympiques des wexers ! Au programme : lancé de bottes de paille, hula hoop, petit bac, etc. Voilà comment on a fini :

dimanche 19 juin 2011

Déja trois semaines...

Le temps passe vite !!! Je crois que je vais devoir écrire plus souvent si je veux avoir le temps de tout raconter...


 Donc, chose promise, chose due : le rocket stove ! Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est et qui n'ont pas encore cherché sur Wikipédia, un rocket stove est un poêle économique, facile à construire et, paraît-il, efficient. Le nôtre est tout petit et ressemble à ça :

C'est "neighbour Tim" qui l'a construit avec trois boîtes de conserve et deux plats en métal. Plus simple, tu meurs !

Ce qui est plus compliqué, c'est de réussir le torchis qui le recouvre. Il faut trouver le bon mélange d'argile, de paille, de sciure et d'eau pour que ça tienne et que ça ne casse pas en séchant. Au premier essai, on avait mis trop d'eau et le torchis ne tenait pas. On a donc dû tout enlever et recommencer.

Une fois le torchis en place et avant qu'il ne sèche, on peut le décorer comme on veut (enfin... heu... presque...). Maya a décidé de faire des dessins avec des grains de maïs et des haricots. Le problème, c'est qu'on avait pas vraiment fait attention à la météo. Le poêle était sensé sécher en un jour ou deux, mais c'était sans compter une semaine plutôt... hem... humide...


Le maïs et les haricots se sont donc retrouvés dans un environnement tout à fait à leur goût et voilà ce que ça a donné :


Pas vraiment ce qu'on avait prévu, il faut le dire ! On verra ce que ça donne après utilisation. Promis, je vous tiens au courant !

Côté boulot, on a apprécié un bon boost psychologique dans la construction : on a commencé à couper les poutres ! Ça peut paraître pas grand chose, mais c'est une grosse avancée vers un peu d'élévation dans le projet. On a hâte que le chantier ressemble un peu plus à une maison et l'ossature bois sera un énorme pas dans cette direction. On se dévoue donc corps et âme à ces gros troncs d'arbre et on y travaille tous ensemble. Ça aussi, ça nous remonte le moral : c'est bien plus sympa de bosser tous les cinq ensemble plutôt que chacun de son côté.

Voilà donc comment on procède :
On commence par marquer les troncs d'arbre, pour savoir où couper. C'est pas super facile car, naturellement, les troncs ne sont pas droits. On doit donc tracer des lignes repère avec un fil couvert de craie.

Ensuite, on coupe à la scie. Chaque tronc d'arbre étant trop petit par rapport à la largeur de la maison, on en assemble deux pour chaque poutre. Le bout de l'un chevauche donc celui de l'autre. Hum... Je sais pas si c'est très clair... Attendez, je vous fais un dessin...

Vous voyez ce que je veux dire, maintenant ?

Donc, on coupe, puis on peaufine au ciseau. C'est super long, mais on espère qu'à force, on acquerra une certaine technique et qu'on ira plus vite. Parce qu'on a une dizaine de poutres comme ça et, pour l'instant, on n'en a fait qu'une en une semaine !
En attendant, c'est super agréable de travailler avec le bois ! C'est beau, ça sent bon et ça bouffe pas les mains comme le mortier !







Côté vie de la communauté. Encore plein d'activités ! Le souper communautaire de mardi a été suivi d'une session de contradance. C'était vraiment drôle ! Allez, je vous mets une vidéo pour que vous voyiez un peu ce que ça donnait...

Mercredi ou jeudi soir, je sais plus, Kim, de Red Earth Farm, la communauté voisine, fêtait son anniversaire. On s'est donc baladés sur leur terrain et on a contemplé le levé de la pleine lune, c'était super beau !

Bon, sur cette belle image, je vous quitte. J'ai une irrésistible envie d'aller plonger dans le lac !

Des bisous

PS : Vous avez sûrement remarqué mon magnifique fond de blog. C'est une œuvre d'Estelle et Rachid qui m'a fait énormément plaisir :-)